L’EAU A MERIC
LA CITERNE
Coupe Nord-Sud sur la citerne (Cabinet Serra, 2020)
LA CITERNE
A la différence du Mas Bourgade voisin, il semble que le Mas de Méric ne possedait pas de puis.
Les archives départementales de l’Hérault (AD34 49 2 E 58/84, AD34 50 2 E 58/84) montent que le 3 juillet 1679, 105 livres sont versées50 à Baptiste Rey, maître lanternier, pour réfection d’une gouttière (« cannal ») :
« …A esté présent en personne Baptiste Rey, mre lanternier dud Montpellier…a receu …de Guillaume de Clauzel….la somme de 105 livres pour 5 quintaux de plomb par led Rey employés à une cannal de la metterie de Méric…
Laquelle cannal a six cannes [environ 12m] de longueur et un pan et demy [37cm] de largeur, de laquelle somme de 105 livres led Rey comme bien content…
Ces travaux montrent que le système de récupération des eaux pluviales par gouttière est ancien et vital pour la métairie.
La gouttière est sans doute reliée à la citerne souterraine, toujours en place aujourd’hui et donc créée avant la fin du XVIIe siècle.
Source : Le mas de Méric : un lieu emblématique de l’histoire de Montpellier
Dominique Pinon / 240 Pages / Sept. 2021 / Academia.edu/108662394/
LA NORIA
LA NORIA
La tradition designe un endroit du parc de Méric au bord du Lez, comme le montre le plan ci-joint, comme « La noria »
Une noria était un ancien système hydraulique permettant de remonter par une série de godets, l’eau d’une rivière, pour l’irrigation. La noria était actionnée par des animaux de trait (âne, mule, bœuf), qui étaient attelés à une barre d’entrainement et tournaient autour d’un puis central.
Emplacement de l’ancienne noria dans le parc de Méric
Vestiges d’une ancienne noria à Lambesc (Bouches-du-Rhône)
Blog Dans La bulle de Manou
LA CONDUITE
LA CONDUITE VERS LE MAS
Le 19 février 1830, un rapport des services hydrauliques est réalisé devant le projet de Mme Pommier (qui a déjà près de 80 ans) et ses enfants, posant problème car traversant le chemin jugé public [Chemin de la Draye] et provoquant l’opposition du propriétaire du moulin en vis à vis :
« d’établir une pompe sur le bord de la rivière du Lez, […] pour l’arrosage d’un jardin contenant environ 14 ares (une séterée)….un peu en amont de la chaussée du moulin dit des trois rodes ou de la Poudrière avec l’intention de s’en servir pour prendre et élever une partie des eaux de cette rivière par le moyen d’une pompe jusqu’au point culminant de son domaine. […] »
Il est mentionné :
«le droit invoqué par Me Vialars, en sa qualité de propriétaire de terrains longeant la rive droite du Lez et d’un puits situé sur le bord de la rivière qui depuis un temps immémorial est destiné à fournir l’eau nécessaire pour arroser un petit jardin, de construire en amont de ce puits une prise d’eau pour extraire, et d’établir dans sa propriété sur le bord de la rivière du Lez, une pompe d’un diamètre de trois pouces ou d’environ 70 millimètres, qui devra élever l’eau à 50 mètres par la force d’un cheval pour arroser un jardin qui n’a pas au-delà une séterée de surface et quelques vases d’orangers […] »
Ces travaux seront effectivement réalisés mais à une date inconnue : Le tuyau est toujours en place en aérien et rejoint le seul bassin encore en place, situé derrière les communs.
Cet ensemble hydraulique (pompe, tuyau, bassin) cherche sans doute à compléter les apports en eau des seules eaux pluviales rassemblées dans la citerne qui semble avoir été l’unique apport d’eau de la maison et des abords, jusqu’à la fin du XIXe siècle.
La mention d’orangers laisse supposer que le projet d’une orangerie était déjà en germe dès 1830.
Source : Le mas de Méric : un lieu emblématique de l’histoire de Montpellier
Dominique Pinon / 240 Pages / Sept. 2021 / Academia.edu/108662394/